Histoire
Au cours de sa centième année de vie, Hildy Johnson - journaliste - se fait larguer le contrat de pondre un article par semaine sur le bicentenaire de l’Invasion de la Terre. Oui, voilà bientôt deux cent ans que l’humanité a été exilée de son terreau natal par des Envahisseurs dont on ne connaît toujours pas grand chose. Depuis, elle s’est réfugiée dans le reste du système solaire, dont la Lune, et chaque colonie est gérée par son propre ordinateur démagogiquement appelé Calculateur Central.
Hildy, en bon Sélénite, a changé plusieurs fois de sexe, s’est fait remplacé plusieurs organes pour pouvoir continuer à vivre et est dépendant à l’os du CC.
Dans cette société où tout est réglé, où les risques sont quasi-inexistants et où le suicide est une des seules causes de décès, Hildy tente à plusieurs reprises de mettre fin à ses jours. Ce qui contrarie le CC, qui se met à intéragir de façon plus personnelle avec lui car, pour tout vous avouer, lui aussi se sent un peu déprimé.
Critique
Dans ce récit aux tonalités de journal intime, Varley dépeint un monde fascinant qui déborde de détails et de conflits.
Tout au cours de l’histoire, les Envahisseurs demeurent un mystère, car ils le sont pour les protagonistes, au point où l’humanité a comme décidé de les oublier et de continuer son chemin. Au début, cela est déstabilisant et même un peu frustrant, mais on finit par accepter cette réalité, cet inconnu du monde de Varley.
Cependant, là où j’ai eu plus de difficulté, c’est au niveau du fil conducteur de l’histoire. Les indices n’apparaissent que très tard à propos d’un problème chez Hildy, puis intervient le CC, qui est ensuite oublié un certain temps… Cela donne l’impression que Varley avait ce merveilleux monde, mais qu’il lui manquait une histoire, histoire qu’il a collé par après.
Le ton du protagoniste principal est léger, humoristique, mais à la fin, lorsque la tragédie frappe, il n’arrive pas à nous faire croire que cela l’affecte réellement. Par contre, dans sa description des autres, des relations humaines, c’est très bien fait.
Et pour finir, je dois avouer avoir lu ce livre en français. Cela faisait très longtemps que j’avais lu une traduction, et cela m’a causé des problèmes au début, car je voyais les synthaxes anglophones, l’utilisation d’un français bâtard. Déroutant.
Verdict
En résumé, il s’agit d’un très bon livre pour le décor, pour l’univers dans lequel évolue l’intrigue, mais pour celle-ci, faudra revoir. C’est dommage qu’il se soit attardé à un problème informatique alors qu’une multitude de conflits humains, générationnels, sont esquissés. Il faut choisir!
Cote: 7.5/10